Samedi 2 juin, Yves et moi nous préparons pour notre deuxième tentative de navigation à destination de Shoreham et de l’île de Wight.
Malheureusement, si les prévisions sont bonnes pour l’Angleterre, il en est tout autrement des observations le long des côtes françaises : ciel couvert, nuages bas et brume. Même sur Charleroi, notre aérodrome de départ, la grisaille s’accroche toute la matinée. Notre moral joue au yoyo au fur et à mesure que les heures passent rythmées par les bulletins météos. Le coup de grâce nous sera donné par la webcam de Shoreham en début d’après-midi : brouillard sur la Manche ! Une heure plus tard, j’ai totalement abandonné l’idée de rejoindre Albion et prépare une autre navigation lorsque Yves propose de téléphoner à Calais pour demander la météo locale. Je n’y crois pas car Le Touquet annonce toujours des conditions largement IFR et, même s’il y a amélioration, ce n’est pas beaucoup mieux sur Ostende. Contre toute attente, notre interlocuteur de Calais nous apprend que la traversée de la Manche est possible ! Bravo à toi Yves pour ta persévérance. Le temps de déposer le plan de vol et d’enfiler nos gilets de sauvetage, nous décollons juste avant 14h30 un large sourire aux lèvres.

A peine après avoir quitté la CTR de Charleroi que les conditions se dégradent tout en restant volables : le plafond se soude et descend jusque 1000 pieds sol, ce qui m’oblige a slalomer pour éviter le survol des agglomérations et la visibilité devient médiocre. Le vol demande de la concentration. Ce n’est qu’un peu avant Calais que les nuages s’espaceront et nous permettront de passer au-dessus de la couche. À proximité de la côte, le ciel est bien dégagé et même ensoleillé sur Calais alors qu’à notre gauche cela reste bien bouché. C’est au-dessus d’une mer de nuages que nous traversons la Manche avant de rejoindre Lydd. Les nuages vont jusqu’à la côte Britannique qui, phénomène intéressant, est elle totalement dégagée. Nous longeons la côte vers l’ouest avant de rejoindre, via Hastings et Brighton, notre aérodrome de destination.

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Brighton

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En étape de base sur Shoreham (EGKA).

Ah quel bonheur de profiter du soleil anglais alors qu’il fait mauvais sur le continent !

Vu le départ tardif, nous avons juste le temps de refueler avant de redécoller pour le tour de l’île de Wight. Les paysages ainsi que la lumière sont splendides. Nouvel atterrissage à Shoreham pour permettre à Yves de faire l’approche aux commandes avant de refaire le plein et le vol retour sur Charleroi qui, une fois n’est pas coutume, sera un vol sans péripétie.


La vidéo avec les communications ATC sous-titrées.

J’ai déjà consacré plusieurs articles à la préparation d’un vol vers l’Angleterre :

Ce vol vers Shoreham et l’île de Wight m’ont néanmoins appris quelques points supplémentaires :

  • Les contrôleurs anglais sont globalement attentifs à bien articuler et adoptent un rythme de parole pas trop rapide pour faciliter la compréhension.
  • Par contre, lorsque l’on sort de la phraséologie standard, cela se complique parfois … Exemple sur notre vidéo : les indications communiquées au sol par Shoreham pour se rendre à la pompe !
  • Demande quasi systématique d’ETA. What is your estimate for Eastern end of Isle of Wight ?
  • Utilisation de certaines expressions comme coasting out/in pour quitter ou rejoindre la côte ou encore mid-Channel comme report de position.
  • Habitude d’annoncer un code transpondeur sous la forme : squawk one one seven seven, eleven seventy seven. La première fois, cela surprend ! (Dans cet exemple il s’agit bien entendu de 1177)
  • Communication systématique du QFE avant le QNH. Vu que les deux sont identiques pour les aérodromes de la côte, cela donne à la radio : QFE QNH one zero one eight.
  • L’agent AFIS ne prend pas en charge la clôture du plan de vol. Par contre, d’après ce que j’ai lu sur Internet, il n’est pas nécessaire de clôturer un plan de vol en Angleterre car le service SAR n’est pas déclenché sur base de non clôture hors délais. Si vous souhaitez le SAR, vous devez demander à votre maman de le déclencher si elle n’a pas de vos nouvelles après un certain temps. J’avoue avoir oublié de  clôturer le plan … personne ne s’est inquiété. Mon conseil est de néanmoins téléphoner à Belgocontrol une fois au sol pour demander la clôture.
  • Bon à savoir, n'hésitez pas à signaler à l'avitailleur que vous retournez sur le continent. En effet, tout avitaillement en Angleterre pour un vol à destination du continent bénéficie d'une taxe réduite à 5% seulement. La différence est non négligeable.

Un grand merci à Vincent Bazillio pour sa technique d'animation de trace GPS très bien expliquée sur son blog.

C'est cela ... oui, Cessna oui !