De plus en plus d'avions de tourisme sont équipés d'une "mono manette" pour le contrôle du moteur. Ceci nécessite une qualification dite "Single Lever Power Control" (SLPC).

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Diamond DA40 TDI, avion "monomanette".

D'un point de vue pratique, ces avions sont beaucoup plus faciles à utiliser car la gestion des paramètres moteur est entièrement prise en charge par des circuits électronique appelés ECU (Engine Control Unit). Les ECU (car il y en a deux au cas où l'un tomberait en panne) gèrent le démarrage du moteur, le pas de l'hélice, la quantité de carburant injectée dans les cylindres, etc. Le pilote ne doit s'occuper que d'une seule et unique manette (dite "mono manette") pour demander la puissance souhaitée.
Que des avantages ? Oui, sauf en cas de panne ! Et c'est précisément la gestion des pannes qui justifie la nécessité d'une qualification SLPC.

Un copain pilote a eu l'occasion d'en faire l'expérience le week-end passé.

Après quelques minutes de vol, il note une légère variation de la puissance du moteur. Pas énorme mais suffisante pour rester attentif. Ensuite une alarme "ECU A" s'affiche. Ceci signifie qu'il y a un problème au niveau de l'ECU A. La checklist prévoit dans ce cas de réinitialiser les ECU en appuyant plus de 2 secondes sur le bouton correspondant. Tout semble rentrer dans l'ordre, il s'agit donc d'une "panne mineure" : il est possible de poursuivre le vol, il faudra simplement le signaler à la maintenance.

Voici ce que cela donne en vidéo : 

Ensuite, l'alarme s'affiche à nouveau et la réinitialisation des ECU reste cette fois sans effet. La checklist parle dans ce cas d'une "panne majeure" et recommande l'interruption du vol !

La vidéo de la panne majeure :

Après examen, il s'avère que le problème a pour origine le dysfonctionnement d'une sonde.

Yves est heureusement rentré à bon port … mais que d'émotions !

C'est cela ... oui, Cessna oui !