C’était l’hiver, c’était une de mes premières navigations avec instructeur lors de mon PPL. Il faisait gris, brumeux, froid et humide.
J’ai eu des difficultés pour décoller de la piste 14L car je ne tirais pas assez sur le manche pour dégager la roue de nez du Cessna qui s’enfonçait dans l’herbe spongieuse et empêchait notre avion de prendre de la vitesse.
C’était il y a deux ans et demi déjà …

Pourquoi donc avoir attendu si longtemps avant de revenir alors que l’aérodrome est super sympa et les paysages magnifiques ?

En fait, la piste en herbe associée au climat local m’inquiète lors de la saison hivernale. En été par contre, c’est la complexité des deux doubles pistes croisées avec des circuits différents pour planeurs et avions qui ne me rassure pas. Le ballet incessant des planeurs est une composante dont il faut tenir compte. 
La fermeture de l’aérodrome, pour de longs mois, a fait la une de l’actualité. Heureusement, le site est à nouveau ouvert et, je l’espère, définitivement.

Mai 2014, le temps est pratiquement estival et me prend soudainement l’envie de retourne à EBSH.

L’aérodrome est PPR et je téléphone donc pour demander l’autorisation de m’y poser. L’accueil est sympathique, on m’explique que le championnat de planeur est  juste terminé (ouf) mais que le bar-restaurant est momentanément fermé (c’est une malédiction) !

Je décolle donc de Namur en début d’après-midi pour une navigation sans histoire vers EBSH. Verticale terrain à 3.300ft, je m’intègre dans le circuit, contourne bien la ville de Saint-Hubert avant de me poser sur la 14R et quitter la piste par la droite comme préconisé dans le manuel de l’aérodrome que j’ai scrupuleusement étudié la veille.
Il s’agit d’un aérodrome non contrôlé mais il faut néanmoins s’annoncer à toute une série de points de reports lors du roulage au sol.

Je finis par garer mon avion à côté d’un autre Cessna sur le parking n°2.
Il y a de l’activité ce dimanche à Saint-Hubert ! Il faut dire que la météo associée aux splendides paysage y est pour quelque chose.

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Le temps de passer à la tour régler la taxe d’atterrissage et de prendre quelques photos que je suis déjà reparti.
Décollage long de la 14R, il fait relativement chaud et le très faible vent n’est pas dans l’axe de la piste dont la pente m’est défavorable. En montée, j’entends dans mon casque le grésillement typique du radar à proximité de l’ancienne base militaire toute proche dont j’aperçois la longue piste de béton sur ma gauche.

Avant de rentrer sur Namur, j’ai décidé de longer la vallée de la Meuse entre Andenne et  Marche-les-Dames avant de bifurquer sur Daussoulx.

La piste en service à Namur est la 06R et je descends directement à 1600ft, pour rejoindre le circuit en début de « downwind ». Le temps de configurer mon appareil pour l’atterrissage que j’entends un autre avion s’annoncer en base puis en finale.
Et c’est en milieu du « downwind » que la radio annonce.

- « To all stations, runway 06 is closed. »

Ah … elle est bien bonne celle-là !

- « Euh Namur, OO-TMD, je peux me poser sur quelle piste alors ? »
- « OO-TMD, on vous rappelle ! »

Il me faudrait déjà tourner en étape de base mais je décide de quitter immédiatement le circuit en direction de Gembloux et commencer des allers retours Gembloux – rond-point Didi en attendant des nouvelles.

Je comprend rapidement d’après les échanges radio que l’avion qui me précédait a eu un problème à l’atterrissage, et occupe la piste.
Des paras sont mis à contribution pour scruter les 2 pistes à la recherche d’éventuels débris.

Plusieurs autres appareils en l’air se sont déjà signalé à Namur mais la consigne est clair : aucun décollage ni atterrissage n’est possible pour le moment.
Un avion décide de se divertir pour Charleroi. Je me prépare mentalement à devoir faire de même : ou ai-je rangé ma carte d’approche de Charleroi, combien de carburant me reste-t-il ?
Heureusement, je dispose de plus d’une heure de réserve et décide donc de patienter.

- « Namur, OO-TMD, je fais des allers retours entre Gembloux et le rond-point Didi. Est-ce que vous pensez pouvoir ouvrir bientôt ? »
- « Cela ne devrait plus être long. »

En attendant, un autre appareil signale qu’il ne lui reste que 15 minutes de carburant.

 

Trace GPS arrivée sur Namur

 

Heureusement Namur annonce que si les décollages restent impossibles, ils vont permettre aux avions en attente de se poser.
Je suis en seconde position après l’appareil en manque de fuel.
Namur me signale que l'avion accidenté occupe toujours le bout de piste et me demande de faire un atterrissage court.

Le pilote du dimanche que je suis va faire de son mieux !

De retour dans le circuit, l’étape « downwind » me permet de bien voir la piste et de me rendre compte que l’appareil se trouve en fait entre les piste 06L et 06R. La précaution de l’atterrissage court a donc pour objectif d’éviter d’éventuels débris non retrouvés. Je pose mon Cessna et freine au maximum pour en arrêter la course. L’herbe est sèche et je n’ai pas de problème pour diriger l’appareil malgré la forte décélération qui fait basculer le dossier du siège passager vers l’avant.

Je quitte la piste bien avant l’avion.

Quelques minutes plus tard un bull viendra redresser l’appareil accidenté et le tracter hors des pistes afin de permettre la réouverture de l’aérodrome.
Il s’agit heureusement d’un accident sans gravité et le pilote se porte bien.

Je remercie Eric et Jimmy pour leur rapidité ainsi que leur professionnalisme à rétablir la situation et ouvrir une piste car lorsque l’on tourne en l’air … le temps semble bien long ;-)

C'est cela ... oui, Cessna oui !