Voler en avion de tourisme est un véritable plaisir.

Cette activité génère néanmoins une certain étonnement de la part de mon entourage et la question des risques revient très souvent.

  • « Tu n’as pas peur, on entend régulièrement parler d’accidents de petits avions ? »
  • « Quelle drôle d’idée, quelle est l’utilité de risquer sa vie pour ça ? »
  • « Oulala, mais ils ont l’air complètement pourris ces avions.  »

Bien entendu, le tragique accident d’octobre 2013 reste dans les mémoires et alimente le débat.

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Alors, objectivement … est-ce dangereux ?

Indéniablement, voler est une activité qui comporte un certain risque pour le pilote, pour ses passagers, et pour les autres. C’est la raison pour laquelle un pilote privé doit suivre une formation d’une centaine d’heures de théorie et un minimum légal de 45 heures de pratique pour obtenir une licence PPL. Cette formation est confirmée par un examen théorique et pratique.

Maintenant, objectivement essayons de quantifier le risque …

L’avion est considéré, sur base de statistiques, parmi les moyens de transport les moins risqués. Bien moins risqué que la voiture. VRAI ou FAUX ?

VRAI mais ces statistiques sont valables pour l’aviation commerciale.

Il faut distinguer deux subdivisions principales de l’aviation :

  • L’aviation Commerciale : Assure le transport régulier de passagers et/ou les vols charter. C’est typiquement le vol que vous prenez pour vous rendre sur votre lieu de vacances.
  • L’aviation Générale : Regroupe toutes les activités aériennes civiles autres que le transport commercial. : aviation sportive (voltige, vol à voile) ou de loisir (tourisme), travail aérien (secours, évacuations sanitaires, formation des pilotes, épandage agricole, lutte contre l'incendie, photographie et cartographie, surveillance aérienne par les douanes ou la police, etc.), aviation d'affaires, etc.

Les statistiques pour l’aviation générale sont beaucoup moins glorieuses.

« Suivant les sources le ratio des accidents entre l’aviation légère et l’automobile (excepté les deux roues) varie entre 30 et 60. Pour un ratio de 60, le calcul est basé sur un décès pour 25 000 heures de vol en aéronautique (aviation légère) contre un décès pour 1 500 000 heures de conduite automobile (avec une moyenne 17 000 heures par automobiliste). » Source : http://www.mentalpilote.com/les-accidents-en-aviation-legere/

En d’autres mots, lorsque je vole une heure dans mon Cessna, j’ai entre 30 et 60 fois plus de chance de décéder que lorsque je roule une heure dans ma Peugeot.
Heureusement (ou malheureusement) je passe beaucoup plus de temps dans ma voiture que dans un avion.

Autre enseignement, une des causes principales d'accident est le sentiment d'invulnérabilité ressenti par le pilote plus ou moins expérimenté. Pour une sécurité maximale, il faudrait combiner la prudence du débutant avec l'expérience du pilote qui a cumulé les heures de vol.
La période à risque se situe entre 100 et 200 heures de vol : le pilote prend de l'assurance mais n'a pas encore l'expérience salvatrice.

Mmh ... j'ai combien d'heures moi ?

Prudence donc … un pilote averti en vaut deux.

C'est cela ... oui, Cessna oui !