Au programme de ce dimanche 15 avril après-midi, une navigation solo vers Sovet afin de réviser la « diversion ».
Les observations météo sont mitigées : visibilité excellente mais plafond qui varie entre 1000 et 1500 pieds sol. Si cela se confirme cela signifie l’annulation de la nav. De plus, le vent est relativement fort, 12KT avec des rafales jusque 25KT et orienté nord. Conclusion : vent « cross » au décollage et à l’atterrissage de Namur. Je ne suis pas très à l’aise avec un vent « cross » et les rafales ne me rassurent pas pour un solo. 

Coup de téléphone de Benjamin à qui j’expose mes craintes :

« Il ne fait pas vraiment mauvais. Il n’y a pas de risque d’orage ou de fortes pluies, naturellement ça va beaucoup bouger là haut. A toi de voir. »

Je décide finalement de me rendre à Namur car c’est encore une occasion d’apprendre.

Arrivé sur place, bonne nouvelle, le risque de plafond bas est totalement écarté. Par contre, le vent et les rafales restent d’actualité !

Benjamin me signe mon carnet de vol et me recommande de faire un ou deux circuits afin de voir si ça va avant d’entamer la navigation.

Décollage de la piste 06 à bord du OO-PRH. J’ai à peine quitté le sol que des parasites assourdissants retentissent dans mon casque. C’est réellement très pénible. Il me faut plusieurs secondes avant de retrouver le bouton de réglage du « squelch ». Si le pilotage des 3 Cessna d’Aéromotion est identique, ceux-ci sont équipés différemment et cela provoque parfois des surprises comme par exemple le problème radio que j’ai rencontré pendant ma Grande Nav.

Je commence donc par un circuit. Cela bouge en effet mais nettement moins que ce à quoi je m’attendais et … la visibilité est réellement excellente !

Arrivé en finale, je dois en effet prévoir une solide correction de dérive mais cela ne pose pas trop de problème. Arrondi, je décrabe plus ou moins l’avion dans l’axe de la piste. Le touché est très loin du « kiss landing » mais ça va. En route pour cette navigation, à destination de Spa que je ne rejoindrai pas puisque je vais effectuer un exercice de « diversion » vers Sovet.

Une fois passé Daussoulx, cap sur Andenne. Après les traditionnels échanges radio avec Brussels Info, j’en profite pour procéder à un exercice de vol lent.
La ville d’Andenne derrière moi, je décide de procéder à ma « diversion » une fois en pleine campagne sans point de repère sinon, ce serait trop facile. 

Faire « diversion » consiste à changer de route par rapport à sa navigation initialement prévue pour toute une série de bonnes raisons comme par exemple la météo ou plus assez d’essence.

La « diversion » implique dans un premier temps de déterminer une nouvelle route à suivre.

Imaginez la scène : le pilote doit maintenir son avion plus ou moins droit, examiner sa carte, dessiner la nouvelle route au crayon, prendre un rapporteur pour calculer le nouveau cap. En pratique, c’est le bordel dans l’avion, il faut déplier la carte. Le crayon en profite pour disparaître sous le siège passager. Putain, il est passé où ce @# de rapporteur. Après avoir plongé sous le siège et récupéré le crayon, je me rends compte que l’avion a également plongé de 200 pieds.

Sportif !

Virage au nouveau cap, j’aligne mon gyro sur le compas magnétique (expérience d’une précédente navigation) et remet de l’ordre dans ce cockpit.
J’examine ensuite la carte et le paysage afin de déterminer l’endroit où je me trouve. Cela manque vraiment de points de repères …
Quelques minutes plus tard, je coupe la nationale 4 à l’endroit prévu ! Impossible de me tromper, une ligne de chemin de fer forme une courbe caractéristique par rapport à la route.
Les éoliennes à proximité de Sovet sont déjà visibles et je retrouve le terrain privé très facilement.

Le plus simple pour rentrer à Namur serait de suivre la E411, mais ce serait trop facile. Je décide donc de faire une deuxième « diversion » en ligne droite vers Namur. 

Retour sans problèmes, j’en profite pour prendre quelques photos avant de me poser.
 

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A proximité de Sovet.


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La Meuse à Namur.


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Vue générale de Namur.

 

C'est cela ... oui, Cessna oui !